Bien sûr que oui ! Investir en bourse de manière halal n'est pas seulement possible, c'est même une excellente manière de faire travailler son argent tout en respectant ses convictions. Oubliez l'image d'un monde financier complexe et réservé à une élite ; aujourd'hui, cet investissement éthique est à la portée de tous les musulmans qui veulent reprendre le contrôle de leur avenir financier.
Pourquoi l'investissement halal est plus pertinent que jamais
On le sait tous : l'argent qui dort sur un compte courant ne fait que perdre de sa valeur à cause de l'inflation. Pendant ce temps, nos grands projets de vie – acheter sa maison, préparer une hijra au Maroc, en Algérie ou en Tunisie, ou tout simplement se construire un petit patrimoine – semblent de plus en plus lointains.

La bourse islamique est une réponse concrète à ce dilemme. Il ne s'agit pas de parier sur des cours qui montent et qui descendent, mais bien d'une démarche réfléchie : devenir actionnaire, et donc un peu propriétaire, d'entreprises bien réelles, qui produisent des biens ou des services utiles, le tout en accord avec les principes de l'islam.
Investir en phase avec ses valeurs
Quand on investit de manière halal, on fait un choix fort. On décide de placer son argent dans des entreprises qui ont un impact positif sur la société. Concrètement, cela veut dire que votre épargne ne financera jamais de secteurs jugés non éthiques comme l'alcool, les jeux de hasard, l'armement ou la finance conventionnelle basée sur l'intérêt (riba).
L'idée est simple : prendre en main ses finances pour atteindre ses objectifs, sans jamais compromettre ses valeurs. C'est participer à une économie plus juste et transparente.
Cette approche gagne d'ailleurs de plus en plus de terrain, y compris en France. Une étude IFOP de 2022 a révélé que 42 % des musulmans français investissent déjà ou aimeraient le faire de manière halal. À l'échelle mondiale, c'est une véritable explosion : les actifs financiers islamiques ont grimpé de 603 % entre 2006 et 2022, passant de 462 milliards à 3 250 milliards de dollars. Si vous voulez creuser ces chiffres, le site Al-Kanz en propose une analyse détaillée.
Atteindre des objectifs bien réels
Mais alors, concrètement, à quoi ça sert ? L'investissement boursier halal peut vous aider à :
- Rassembler l'apport nécessaire pour enfin acheter votre logement.
- Préparer sereinement le budget d'une expatriation dans un pays musulman comme le Maroc, l'Algérie ou la Tunisie.
- Mettre de côté pour les études de vos enfants ou d'autres projets familiaux importants.
- Créer une source de revenus complémentaires pour arrondir vos fins de mois ou anticiper la retraite.
En bref, c'est une manière proactive de se bâtir un avenir financier solide et serein, sans jamais devoir faire de compromis sur sa foi.
Décryptage des règles d'or de l'investissement halal
Pour beaucoup, la finance islamique peut sembler être un labyrinthe de termes arabes compliqués. En réalité, c'est tout le contraire. Les principes qui la régissent sont d'une logique implacable et profondément éthiques. Ce ne sont pas des contraintes, mais plutôt des garde-fous pour construire un système financier plus juste, transparent et ancré dans l'économie réelle.
Pensez-y comme si vous construisiez une maison. Vous n'utiliseriez jamais de matériaux de mauvaise qualité ou dangereux, n'est-ce pas ? La finance halal, c'est la même chose : elle pose des fondations saines pour que l'argent serve à créer de la valeur, à bâtir des projets concrets et bénéfiques, plutôt qu'à s'enrichir par la pure spéculation.
L'interdiction de l'intérêt, ou Riba
Le pilier le plus célèbre est sans doute l'interdiction du Riba, que l'on traduit souvent par "intérêt" ou "usure". Le Riba, c'est l'idée que l'argent peut se multiplier tout seul, déconnecté de toute activité productive. Imaginez une photocopieuse à billets : elle crée plus d'argent, mais aucune richesse nouvelle n'est générée dans le processus.
En Islam, l'argent est un simple outil, un facilitateur d'échanges et d'investissements. Ce n'est pas une marchandise. Un prêt à intérêt est donc proscrit, car il garantit un profit au prêteur sans qu'il ne prenne le moindre risque aux côtés de l'emprunteur. L'investissement halal, lui, est basé sur une idée simple et juste : le partage des profits et des pertes.
Quand vous achetez une action, vous devenez en quelque sorte copropriétaire d'une entreprise. Si elle fait des bénéfices, vous recevez votre part sous forme de dividendes. Si elle traverse une mauvaise passe, la valeur de votre action peut diminuer. C'est ce partage équitable du risque qui rend l'investissement en actions fondamentalement licite.
Fuir l'incertitude excessive et la spéculation
Deux autres principes clés sont l'interdiction du Gharar (l'incertitude excessive) et du Maysir (le jeu de hasard, la pure spéculation).
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Le Gharar : C’est un peu comme acheter un carton fermé sans savoir ce qu’il y a dedans. En finance, ça se traduit par des contrats vagues ou des produits si complexes que même les experts ont du mal à en évaluer les risques. L'investissement halal exige de la clarté. On doit savoir dans quoi on met son argent.
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Le Maysir : Ici, on parle de parier sur les variations de prix à court terme, sans se soucier de la valeur réelle de l'entreprise derrière. Le day trading frénétique ou l'utilisation de certains produits dérivés complexes s'apparentent plus à un tour au casino qu'à de l'investissement. Si le sujet vous intéresse, notre article explore en détail la différence entre le trading halal et les pratiques à éviter.
Le filtrage des secteurs d'activité
La dernière grande règle, c'est une question de bon sens et de cohérence. On ne peut pas chercher un gain "pur" en finançant des activités jugées haram (illicites), car elles sont considérées comme nuisibles pour la société.
La liste des secteurs à écarter est assez intuitive :
- Les banques et assurances conventionnelles (à cause du Riba)
- L'alcool et le porc
- Les jeux de hasard (casinos, paris, etc.)
- L'armement
- L'industrie du divertissement pour adultes
- Le tabac
Au final, investir en bourse de manière islamique, c'est simplement appliquer un filtre éthique à ses choix financiers. L'objectif est simple : s'assurer que votre argent finance des entreprises qui créent une valeur réelle et positive, tout en partageant les risques et les récompenses de façon juste et transparente.
Comment dénicher les actions et ETF conformes à la charia ?
Bon, maintenant qu'on a posé les bases, la question qui tue : comment je sais si une action ou un fonds est vraiment halal ? On ne peut évidemment pas y aller au feeling. Il existe un processus de vérification très sérieux, qu'on appelle le "screening". Pensez-y comme un double filtre de sécurité pour être certain que votre investissement coche toutes les cases.
C'est cette étape qui fait le pont entre la théorie et la pratique, et qui vous permet de construire un portefeuille en accord total avec les principes de la finance islamique. Ce processus se déroule en deux temps : d'abord une analyse par secteur, puis une analyse des finances de l'entreprise.
1. Le premier filtre : le tri par secteur d'activité
La première vérification est la plus évidente et la plus directe. On regarde tout simplement ce que fait l'entreprise pour s'assurer que son activité principale n'est pas dans un domaine jugé illicite (haram).
C'est une étape de pur bon sens. On met de côté, sans se poser de question, toutes les boîtes dont le business principal est lié à des activités proscrites.
Voici la liste des secteurs exclus d'office :
- La finance classique : Les banques, assurances et autres institutions qui vivent des intérêts (riba).
- L'alcool, le porc et le tabac : Toute la chaîne, du producteur au vendeur.
- Les jeux de hasard : Casinos, sites de paris sportifs, loteries, etc.
- Le divertissement pour adultes : Tout ce qui touche à l'industrie pornographique.
- L'armement : La fabrication et la commercialisation d'armes.
Un critère simple mais non négociable : si le cœur de métier d'une société est en contradiction avec les valeurs éthiques de l'islam, elle est recalée, même si ses chiffres sont incroyables.
2. Le second filtre : l'analyse des finances à la loupe
Une fois qu'une entreprise a passé ce premier test, il faut mettre le nez dans ses comptes. C'est le filtre quantitatif. On va vérifier la structure financière de la boîte pour être sûr qu'elle n'est pas trop dépendante d'éléments interdits, et en particulier des dettes avec intérêts.
L'idée, c'est de s'assurer que même une entreprise avec une activité "propre" ne repose pas sur des fondations financières qui, elles, ne le sont pas. Pour ça, les spécialistes de la finance islamique ont défini des ratios très précis.
Les seuils peuvent varier un peu selon les savants, mais les standards les plus largement acceptés aujourd'hui sont les suivants :
- Niveau d'endettement : La dette portant intérêt ne doit pas dépasser 33 % de la valeur totale de l'entreprise en bourse (sa capitalisation boursière).
- Liquidités "sales" : L'argent liquide et les placements qui génèrent des intérêts doivent rester sous la barre des 33 % de sa capitalisation boursière.
- Revenus non-halal : Parfois, une entreprise a des activités secondaires mineures qui ne sont pas conformes (par exemple, un hypermarché qui vend un peu d'alcool). Dans ce cas, les revenus de ces activités ne doivent pas dépasser 5 % de son chiffre d'affaires total.
Faire ce calcul soi-même pour chaque action, c'est un travail de titan. Heureusement, il existe des outils de screening qui font tout ça pour vous, comme l'application Zoya.
Les ETF islamiques : la solution clé en main pour démarrer
Pour ceux qui veulent investir en bourse islamique sans se prendre la tête, il y a une voie royale : les ETF islamiques. Un ETF (Exchange-Traded Fund), ou "tracker", est un fonds qui se contente de copier la performance d'un indice boursier.
Imaginez un ETF islamique comme un énorme panier rempli de centaines, voire de milliers, d'actions d'entreprises du monde entier. La magie de ce panier, c'est que chaque action à l'intérieur a déjà passé avec succès les deux filtres de screening.
Ce travail de tri est fait par des sociétés spécialisées (comme MSCI ou S&P) qui ont leur propre comité d'experts en charia (un Sharia Board). Ces experts valident et surveillent en permanence le contenu du panier pour s'assurer que tout reste conforme.
Pour vous aider à visualiser ce qui vous convient le mieux, voici un petit comparatif rapide.
Comparaison entre actions individuelles et ETF islamiques
| Critère | Actions individuelles (Stock Picking) | ETF ou OPCVM islamiques |
|---|---|---|
| Effort de recherche | Élevé. Vous devez analyser chaque entreprise, une par une. | Très faible. Le boulot de sélection est déjà fait pour vous. |
| Diversification | Limitée. Difficile d'acheter des dizaines d'actions avec un petit budget. | Instantanée. Avec un seul achat, vous êtes diversifié sur des centaines d'actions. |
| Conformité Charia | Votre responsabilité. C'est à vous de vérifier et de suivre la conformité. | Garantie par un comité. La conformité est assurée par des experts. |
| Idéal pour | Les investisseurs qui ont du temps, des connaissances et l'envie de s'y mettre. | Les débutants et tous ceux qui veulent une solution simple et sereine. |
En fin de compte, se lancer avec un ETF islamique comme le iShares MSCI World Islamic UCITS ETF (ISWD) est souvent le meilleur moyen de mettre un pied à l'étrier. Ça vous donne une diversification mondiale immédiate et, surtout, une vraie tranquillité d'esprit en sachant que chaque euro investi est en accord avec vos convictions.
Mettre les mains dans le cambouis : votre plan d'investissement étape par étape
La théorie, c’est une chose. La pratique, c’en est une autre. Maintenant que les bases sont posées et que vous savez comment dénicher des pépites compatibles avec vos valeurs, il est temps de passer à l'action.
Se lancer en bourse sans plan, c'est un peu comme vouloir traverser le désert sans boussole ni carte. On risque de tourner en rond et de s'épuiser pour rien.
Voyons ensemble comment bâtir votre feuille de route personnelle. C'est simple, concret, et ça va vous permettre de faire vos premiers pas avec confiance.
Définir votre "pourquoi" : le moteur de votre projet
Avant même d’ouvrir un compte ou de regarder le cours d’une action, posez-vous la question la plus importante de toutes : pourquoi est-ce que je veux investir ? Votre réponse, c’est votre cap. C'est elle qui guidera toutes vos décisions, du choix de vos placements à votre réaction quand les marchés feront des montagnes russes.
Les objectifs sont personnels, et il n'y en a pas de mauvais :
- Préparer une expatriation (hijra) : Vous rêvez de monter un projet au Maroc, en Tunisie ou en Algérie ? L'investissement est un super levier pour réunir le capital de départ.
- Devenir propriétaire : Mettre de côté l'apport exigé par les banques, qu'elles soient islamiques ou classiques, est souvent le plus grand défi. La bourse peut y contribuer.
- Anticiper la retraite : Les systèmes de retraite sont de plus en plus fragiles. Se constituer un complément est devenu une nécessité.
- Financer les études des enfants : Un projet sur le long terme qui profite à fond de la magie des intérêts composés.
Gardez cet objectif bien en tête. C’est lui qui vous empêchera de paniquer et de tout vendre à perte lors de la prochaine crise.
Choisir le bon courtier en ligne
Pour acheter des actions, des ETFs ou des sukuk, il vous faut un intermédiaire : un courtier. C'est lui qui vous donne accès aux marchés financiers via une plateforme et une enveloppe fiscale. Pour l'investissement en actions mondiales, le compte-titres ordinaire (CTO) est souvent le plus simple et le plus flexible.
Aujourd'hui, de nombreux courtiers modernes comme Trade Republic ou DEGIRO proposent des plateformes très faciles à utiliser avec des frais très bas. L'essentiel est de choisir un acteur régulé en Europe, transparent sur ses coûts. N'oubliez jamais : chaque euro de frais, c'est un euro en moins dans votre poche à la fin.
Ce schéma vous aidera à visualiser la meilleure approche selon votre profil.

Pour la plupart d'entre nous, commencer avec des ETFs islamiques est clairement la voie royale. C'est simple, efficace et ça permet d'être diversifié dès le premier euro investi.
Mettre en place la stratégie la plus simple et efficace : le DCA
Pas besoin de se transformer en trader de Wall Street. La meilleure méthode, celle que tous les experts recommandent aux débutants (et que beaucoup continuent d'utiliser), c'est le DCA (Dollar Cost Averaging). En bon français, on appelle ça l'investissement programmé.
Le principe est d'une simplicité désarmante : vous investissez une somme fixe, à une date fixe, et vous n'y dérogez pas. Par exemple, 100 € tous les 5 du mois, que la bourse soit au plus haut ou au plus bas.
Cette approche est géniale, autant sur le plan psychologique que mathématique. Quand les prix baissent, vos 100 € achètent plus de parts. Quand ils montent, ils en achètent moins. Au fil du temps, ça lisse votre prix d'achat moyen et réduit l'impact de la volatilité.
Le DCA vous impose une discipline de fer et vous évite de tomber dans le piège le plus classique : essayer de deviner le meilleur moment pour investir. C'est impossible. Avec le DCA, vous bâtissez votre patrimoine brique par brique, sans stress.
Cet intérêt pour un patrimoine aligné sur sa foi grandit à vue d'œil. En France, la communauté musulmane, qui représente près de 10 % de la population, se tourne de plus en plus vers la bourse islamique pour protéger son épargne de l'inflation. Au niveau mondial, les chiffres sont impressionnants : on s'attend à 5 400 milliards d'euros d'actifs islamiques d'ici 2025-2026, après une croissance folle de 163 % en dix ans.
Avec ces trois piliers – un "pourquoi" solide, un bon courtier et une stratégie DCA – vous avez tout ce qu'il faut pour démarrer. Pensez aussi à bien répartir vos œufs dans différents paniers. Pour creuser le sujet, jetez un œil à notre guide sur la stratégie de diversification.
Gérer votre portefeuille et calculer la Zakat
Ça y est, vous avez franchi le pas et vos premiers investissements sont placés.Félicitations ! Mais attention, le travail ne s’arrête pas là. Une nouvelle phase, tout aussi cruciale, commence : celle du suivi. Il s’agit maintenant de prendre soin de votre portefeuille pour qu’il grandisse sereinement, tout en accomplissant une obligation spirituelle fondamentale, le calcul de la Zakat sur vos actifs.

Ne vous inquiétez pas, rien de bien sorcier, mais cela demande un peu de discipline. Le plus grand défi ? Apprendre à garder son calme quand les marchés s'agitent et ne jamais perdre de vue ses objectifs à long terme. C’est vraiment ce qui fait la différence entre les investisseurs qui réussissent et ceux qui jettent l'éponge à la première secousse.
En parallèle, le calcul de la Zakat vient purifier votre patrimoine et vos gains. C'est un des piliers de notre religion qui s'applique parfaitement à vos placements boursiers, créant une harmonie parfaite entre votre réussite matérielle et vos devoirs spirituels. Voyons ensemble comment aborder ces deux points de manière simple et sereine.
Adopter la bonne posture face aux marchés
L'erreur de débutant par excellence ? Consulter son portefeuille tous les jours, voire plusieurs fois par jour. C'est le meilleur moyen de se créer un stress inutile et de prendre de très mauvaises décisions sous le coup de l'émotion.
Imaginez les marchés financiers comme l'océan : il y a des vagues, des creux, des pics tous les jours. C'est le « bruit » ambiant. Mais ce qui nous intéresse, c'est la marée, la tendance de fond qui se dessine sur des mois et des années.
L'investissement en bourse, surtout dans une optique islamique, n'est pas un sprint, mais un marathon. La patience et la discipline sont vos meilleurs alliés. Votre but n'est pas de réagir à la dernière news du JT, mais de laisser le temps faire son œuvre.
Le bon réflexe à prendre, c’est de planifier un point de suivi trimestriel, ou à la rigueur mensuel. C'est un rythme idéal pour vérifier que votre stratégie tient la route, sans vous laisser noyer par l'agitation quotidienne.
Calculer la Zakat sur vos actions, une étape essentielle
La Zakat est cette aumône purificatrice que l'on doit verser chaque année sur notre patrimoine productif, celui qu’on détient depuis au moins une année lunaire (le fameux hawl). Vos investissements en actions rentrent pile dans cette catégorie. Le taux, lui, est simple et bien connu : 2,5 % de la valeur sur laquelle la Zakat s'applique.
Mais comment calculer cette base ? Tout dépend de votre intention d'investissement. Il y a deux grands cas de figure.
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Vous êtes un investisseur long terme (détention de plus d'un an) : Votre but est de garder vos titres pour profiter de la croissance des entreprises sur la durée. Dans ce cas, la Zakat se calcule sur la valeur de marché de toutes vos actions à la date où vous avez l'habitude de la payer.
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Vous faites du trading (détention de moins d'un an) : Ici, votre intention est de faire des profits rapides en achetant et revendant. Vos actions sont alors considérées comme de la marchandise. La Zakat s'applique sur la valeur totale de votre portefeuille (le capital investi plus les gains non encore réalisés) au moment du calcul.
Pour la plupart d'entre nous, qui suivons une stratégie d’investissement programmé (DCA) avec une vision à long terme, c’est bien la première méthode qui est la bonne.
Un exemple concret pour y voir plus clair
Imaginons que vous détenez un portefeuille d'actions et d'ETF islamiques. Le jour J, celui où vous devez calculer votre Zakat, la valeur totale de ce portefeuille est de 12 000 €. Vous possédez ces actifs depuis plus d'un an.
Le calcul devient un jeu d'enfant :
- Base de calcul (assiette de la Zakat) : 12 000 €
- Montant de la Zakat à donner : 12 000 € x 2,5 % = 300 €
Ce montant de 300 € devra ensuite être distribué aux personnes qui en ont le droit, comme défini dans le Coran. Pour creuser le sujet, n’hésitez pas à lire notre guide complet sur comment calculer la Zakat avec des astuces et conseils.
S'acquitter de cette obligation, ce n'est pas juste un devoir. C'est une immense source de bénédiction (barakah) pour votre argent, un moyen de le purifier et de le faire fructifier de la plus belle des manières. C'est la touche finale d'une démarche d'investissement qui se veut à la fois rentable pour vous et en accord avec vos valeurs.
Les erreurs à éviter quand on se lance dans la bourse islamique
Se lancer en bourse, c'est un peu comme se mettre au volant pour la première fois : c'est excitant, mais le parcours est plein de pièges potentiels, surtout au début. Connaître les erreurs les plus courantes, c'est le meilleur moyen de les éviter et de construire une stratégie d'investissement qui tient la route. Pour nous, investisseurs musulmans, l'enjeu n'est pas seulement de faire fructifier notre argent, mais de le faire avec discipline et patience, en accord avec nos principes.
L'intérêt pour la finance éthique explose, et c'est une bonne nouvelle. En France, la communauté musulmane est estimée à environ 5,7 millions de personnes (chiffres INSEE 2023), et la demande pour des placements conformes à la charia ne cesse de grandir. D'ailleurs, à l'échelle mondiale, le secteur est en plein boom : les actifs de la finance islamique ont atteint 5 200 milliards de dollars en 2025, soit une croissance de 14,9 % en un an ! Si vous voulez creuser ces chiffres, cette analyse sur l'avenir du secteur est très intéressante.
Maintenant, voyons les trois pièges dans lesquels il ne faut surtout pas tomber.
Mettre tous ses œufs dans le même panier
C'est l'erreur numéro un, la plus classique de toutes. On entend parler d'une entreprise "révolutionnaire", on est convaincu, et hop, on y met toutes ses économies. C'est la pire chose à faire. Imaginez que cette entreprise traverse une mauvaise passe : c'est tout votre capital qui prend l'eau.
Le principe de base, répété par tous les investisseurs chevronnés, c'est la diversification. Il faut absolument répartir son argent sur différentes entreprises, dans différents secteurs, et même dans différentes zones géographiques. C'est comme ça qu'on dilue le risque.
Suivre les "gourous" des réseaux sociaux
Les réseaux sociaux, c'est la foire aux "experts" auto-proclamés qui promettent des gains faramineux en un temps record. On voit passer une opportunité, on a peur de la rater (le fameux FOMO, Fear Of Missing Out), et on plonge sans réfléchir. C'est la recette parfaite pour se planter.
Un conseil vu sur TikTok ou Instagram n'est pas une stratégie d'investissement. Prenez toujours le temps de faire vos propres devoirs : vérifiez que l'entreprise est bien halal, analysez ses comptes, comprenez son modèle économique. La rigueur et la patience sont vos meilleurs boucliers contre les effets de mode et les mauvais tuyaux.
Vendre à la première secousse du marché
Les marchés financiers, ça monte et ça descend. C'est normal. Il y aura des jours où votre portefeuille sera dans le rouge, parfois de manière spectaculaire. L'erreur qui coûte le plus cher, c'est de paniquer et de tout vendre à ce moment-là. En faisant ça, vous transformez une simple perte "sur le papier" en une perte bien réelle dans votre poche.
Comment garder la tête froide quand ça secoue ?
- Avoir un plan de vol : Avant même d'investir le premier euro, définissez vos objectifs et votre horizon de temps. Quand on sait pourquoi on investit et pour combien de temps, on traverse mieux les turbulences.
- Mettre le pilote automatique (DCA) : L'investissement programmé (DCA) est votre meilleur allié. En investissant une somme fixe chaque mois, vous achetez automatiquement, que le marché soit haut ou bas. Ça lisse votre prix d'achat et ça vous évite de vous poser trop de questions.
- Déconnecter un peu : Inutile de regarder l'évolution de votre portefeuille toutes les cinq minutes. Pour un investisseur à long terme, un petit point une fois par mois ou par trimestre est amplement suffisant.
En évitant ces trois pièges, vous mettez toutes les chances de votre côté. Rappelez-vous : l'investissement islamique, c'est un marathon, pas un sprint. La patience, la discipline et une bonne gestion du risque sont les clés pour atteindre vos objectifs financiers sans jamais renier vos valeurs.
On répond à vos questions sur l'investissement halal en bourse
Même avec les bases en tête, il y a toujours quelques questions qui trottinent dans la tête. C'est tout à fait normal ! Allez, on met les pieds dans le plat et on répond aux interrogations les plus fréquentes pour que vous puissiez investir l'esprit tranquille.
Peut-on vraiment être 100% halal en bourse ?
Oui, c'est tout à fait possible, mais il faut comprendre un concept clé : la purification des revenus. Imaginez une entreprise parfaitement halal dans son activité principale. Elle aura quand même de la trésorerie en banque, qui générera fatalement quelques intérêts.
La finance islamique a prévu ce cas de figure. On tolère cette situation tant que ces revenus "impurs" ne dépassent pas 5% du total. En contrepartie, c'est à vous, l'investisseur, de calculer la petite part de vos dividendes qui correspond à ces intérêts et de la verser en aumône. C'est comme ça qu'on purifie ses gains.
Et le PEA, c'est compatible avec l'investissement islamique ?
Le Plan d'Épargne en Actions (PEA) est une niche fiscale géniale, c'est vrai, mais il a un gros défaut pour nous : il est limité aux actions et fonds européens. Le problème, c'est que les ETF islamiques les plus intéressants et diversifiés sont souvent basés ailleurs dans le monde.
Du coup, construire un portefeuille vraiment mondial et halal avec un PEA, c'est mission quasi impossible. Le compte-titres ordinaire (CTO) reste l'option la plus simple et la plus souple pour investir sans se soucier des frontières.
Qui me garantit qu'un ETF est vraiment "islamique" ?
Derrière chaque fonds ou ETF se proclamant islamique, il y a une équipe d'experts indépendants : le "Sharia Board", ou comité de conformité Charia. Ce sont des savants et des spécialistes reconnus dans le domaine de la finance islamique.
Leur mission est essentielle :
- D'abord, ils valident la méthode de sélection des entreprises.
- Ensuite, ils auditent le portefeuille très régulièrement pour vérifier que tout est toujours en règle.
- Enfin, ils délivrent des certificats officiels qui attestent que le produit est bien conforme.
Est-ce que l'investissement halal est moins rentable ?
C'est une vieille idée reçue, mais non, pas du tout. Plusieurs études ont montré que les grands indices boursiers islamiques, comme le MSCI World Islamic, ont des performances très proches de leurs équivalents classiques sur le long terme.
D'ailleurs, le fait de ne pas investir dans les banques traditionnelles ou les entreprises sur-endettées leur donne souvent une meilleure résilience quand les marchés tanguent. En choisissant l'investissement halal, vous n'êtes absolument pas en train de sacrifier la performance de votre portefeuille.
Prêt à passer à l'action et à construire des revenus passifs qui ont du sens pour vous ? Startup Muslim est l'académie qui a déjà accompagné plus de 2 500 membres. Découvrez nos formations complètes pour lancer votre projet en ligne et reprendre le contrôle de vos finances. Rejoignez notre communauté sur https://startup-muslim.fr.
